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22 Le sarde

  • Marinella Lőrinczi
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Manuel de linguistique populaire
This chapter is in the book Manuel de linguistique populaire

Abstract

Le point de départ de cette contribution est le constat que la « linguistique sarde » devrait désormais être comprise au sens territorial, comme « linguistique de la Sardaigne », et pas seulement en un sens strictement monolingue sarde, comme le voudrait la tradition orthodoxe. Si l’on considère la période allant du XIXe au XXIe siècle, la situation de coexistence des langues et variétés locales avec la langue italienne se stabilise et se consolide définitivement sous la forme dominante de la diglossie collective qui a atteint au cours des cent dernières années toutes les couches sociales avec un infléchissement fonctionnel en faveur de l’italien. L’extension de la scolarisation de masse, parallèlement à l’action des médias, privilégie et renforce la diffusion de la langue italienne. Si les mouvements et les lois visant à l’émancipation des variétés linguistiques subalternes ont des effets positifs, la scolarisation généralisée favorise pour sa part l’avènement d’une série de lieux communs partagés par les spécialistes (Lőrinczi 1982), utilisés par exemple dans la planification de la politique linguistique. On peut donc affirmer qu’il n’y a pas de différence substantielle entre lieux communs savants et « populaires » en ce qui concerne le sarde. Résultat du processus socioculturel mentionné, le mélange de codes n’est plus stigmatisé comme dans le passé, ou en tout cas, il l’est moins ; au contraire, il est à présent exploité, y compris dans une perspective artistique (et pas uniquement parodique), ce qui en fait un sujet d’étude pour une linguistique de la Sardaigne à concevoir de manière nouvelle, adaptée à la réalité contemporaine.

Abstract

Le point de départ de cette contribution est le constat que la « linguistique sarde » devrait désormais être comprise au sens territorial, comme « linguistique de la Sardaigne », et pas seulement en un sens strictement monolingue sarde, comme le voudrait la tradition orthodoxe. Si l’on considère la période allant du XIXe au XXIe siècle, la situation de coexistence des langues et variétés locales avec la langue italienne se stabilise et se consolide définitivement sous la forme dominante de la diglossie collective qui a atteint au cours des cent dernières années toutes les couches sociales avec un infléchissement fonctionnel en faveur de l’italien. L’extension de la scolarisation de masse, parallèlement à l’action des médias, privilégie et renforce la diffusion de la langue italienne. Si les mouvements et les lois visant à l’émancipation des variétés linguistiques subalternes ont des effets positifs, la scolarisation généralisée favorise pour sa part l’avènement d’une série de lieux communs partagés par les spécialistes (Lőrinczi 1982), utilisés par exemple dans la planification de la politique linguistique. On peut donc affirmer qu’il n’y a pas de différence substantielle entre lieux communs savants et « populaires » en ce qui concerne le sarde. Résultat du processus socioculturel mentionné, le mélange de codes n’est plus stigmatisé comme dans le passé, ou en tout cas, il l’est moins ; au contraire, il est à présent exploité, y compris dans une perspective artistique (et pas uniquement parodique), ce qui en fait un sujet d’étude pour une linguistique de la Sardaigne à concevoir de manière nouvelle, adaptée à la réalité contemporaine.

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