Presses De L'université Laval
Religions, cultures et sociétés
Le concile Vatican II (1962-1965) est certainement un épisode marquant de l’histoire de l’Église catholique. On lui reproche toutefois d’avoir laissé de côté « l’autre moitié de l’Église », les femmes. Or, ce n’est pas le cas. En prenant pour exemple les centaines de femmes actives au sein des communautés religieuses de l’archidiocèse de Montréal, l’auteur démontre que ces dernières se sont lancées dans un processus de réception conciliaire en espérant redéfinir leur héritage, vivre une expérience libératrice et poser les jalons d’un nouveau projet collectif. Grâce à des sources inédites, cet ouvrage permettra aux lecteurs de mieux saisir le processus d’appropriation de l’événement et des textes conciliaires par les religieuses et de revisiter une période riche d’espoirs et de turbulences.
Au cœur des débats actuels sur la tolérance, le dialogue interreligieux et la place des religions dans l'éducation, cet ouvrage rassemble des contributions européennes et américaines autour d’une discipline souvent négligée par les décideurs: l’histoire. Les auteurs évaluent l'apport de cette discipline dans la formation des intervenants et des enseignants, ainsi que dans l'élaboration des contenus d’enseignement. Ils analysent sa place dans la recherche fondamentale et l'enseignement universitaire. C’est l’occasion pour eux de poursuivre un dialogue interdisciplinaire sans compromis qui mobilise les sciences de l’éducation, les sciences sociales et religieuses et la théologie. Enseigner les religions dresse également le panorama de la recherche historienne qui a emprunté plusieurs avenues pour aborder la formation religieuse des populations à convertir ou à maintenir dans la religion ainsi que les enjeux identitaires qui s’y rattachent. Le lecteur pourra se familiariser avec les expériences contemporaines de plusieurs pays qui intègrent l’enseignement des religions à l’école.
À l’occasion d’un grand projet de développement urbain appelé projet ZACA (Zone d’aménagement commerciale et administrative), les habitants de certains quartiers du centre-ville de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, ont été « déguerpis » et leurs habitations ont été rasées. Ils se sont pour la plupart relogés en périphérie de la ville, grâce à l’indemnité payée par l’État pour le rachat des terrains, mais auparavant les résidents avaient lutté farouchement contre le projet. Regroupés dans une Coordination des résidents, ils ont envoyé des lettres aux médias et organisé des manifestations, parfois violentes. L’ampleur du mouvement d’opposition a surpris, mais plus surprenant encore était le rôle joué par l’islam dans cette contestation : la Coordination était menée par l’imâm Saïdou Bangré et son bureau était composé en grande partie d’imâms et de chefs coutumiers des quartiers visés. En juillet 2002, des émeutes contre le bornage de la ZACA ont été menées par un groupe de jeunes qui s’est surnommé « Al Qaeda ». Une telle inscription d’une lutte sociale dans un cadre islamique tranchait fortement avec l’habituelle complaisance de l’islam envers l’État et appelle une étude plus approfondie. Cette apparente irruption de l’islam dans le champ social de Ouagadougou invite donc à revoir l’histoire de l’islam burkinabè sous l’angle de son implantation dans le milieu urbain en rapide mutation de Ouagadougou. On peut se demander, au vu de l’opposition soulevée par le projet ZACA, s’il existe au Burkina Faso, en marge de l’islam complaisant envers le pouvoir, un islam prêt à affronter l’État. Il s’agit plus précisément d’étudier le projet ZACA, l’opposition qu’il a soulevée et les conditions de relogement des habitants à la trame d’accueil de Ouaga 2000 afin de voir ce que ces événements révèlent quant à l’évolution des rapports entre la zone et le reste de la ville en premier lieu, quant aux clivages qui traversent la communauté musulmane en second lieu, et enfin quant à l’évolution récente des rapports entre l’islam et l’État et entre l’ensemble de la société civile et l’État. Le projet ZACA a révélé la marginalisation de la zone au sein de la ville en même temps qu’il a réactivé une culture de résistance propre à ces quartiers. Il a également mis à nu les clivages qui traversent la communauté musulmane, notamment entre les jeunes et les aînés, de même que les tentatives contrastées et dans l’ensemble limitées des musulmans pour contrer la marginalisation dont ils sont victimes dans la société burkinabè. Enfin, le projet ZACA constitue une excellente illustration de la façon par laquelle l’État conserve le contrôle de la situation face à la société civile, par-delà les vives tensions qui avaient agité celle-ci suite à l’assassinat non-élucidé du journaliste Norbert Zongo en décembre 1998.