Encyclopédie linguistique d’Al-Andalus
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L’arabe andalou est le dialecte néo-arabe occidental pour lequel nous possédons les données les plus anciennes. Ces données, en quantité importante, nous fournissent des indications précieuses sur l’interaction entre les langues locales et les parlers arabes qui ont été introduits par les conquérants musulmans dans des pays hétéroglottiques, sur des traits dialectaux intra-arabes notamment des parlers des yéménites qui ont parfois survécu à l’Al-Andalus, ainsi que sur l’interférence du substrat roman et, dans une moindre mesure, de l’adstrat berbère.
La connaissance plus approfondie de la phonologie, de la morphologie, de la syntaxe et du lexique du faisceau dialectal arabe andalou, grâce aux recherches de ces dernières décennies, a considérablement amélioré notre compréhension de textes littéraires si important pour l’Est et l’Ouest comme le Dīwān d’Ibn Quzmān, ainsi que le nombre et la qualité des informations dont nous disposions sur les emprunts à l’arabe et les calques sémantiques par les langues de la Péninsule Ibérique et au-delà. Une telle étude fait aussi la lumière sur de nombreuses questions en rapport avec les relations entre l’Europe et les terres d’Islam au Moyen Âge.
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L’arabe andalou fut parlé dans la moitié sud de la Péninsule Ibérique et même sur un territoire plus vaste pendant plusieurs siècles. Il a eu un impact considérable sur le développement des différents types de cultures et des sciences médiévales et modernes. Conscient du manque d’intérêt porté à ce faisceau dialectal, Federico Corriente s’est appliqué pendant des décennies à analyser minutieusement des faits qu’il a décelés dans des données en arabe, mais également dissimulés dans les langues romanes de la Péninsule Ibérique.
Ce premier volume de l’Encyclopédie Linguistique d’Al-Andalus, rédigé conjointement avec Christophe Pereira et Ángeles Vicente, est l’aboutissement de ces années de recherches. Il décrit la phonologie, la morphologie et la syntaxe de l’arabe andalou, ainsi que les principales caractéristiques de son lexique. L’arabe andalou y est comparé avec des variétés d’arabe marocain et d’arabe libyen. En outre, il offre des perspectives panchroniques et examine les interférences arabes, berbères et romanes sur ce faisceau dialectal. Enfin, il propose une sélection de textes de diverses périodes et différents lieux, ainsi qu’une importante bibliographie.
Ce premier volume de l’Encyclopédie Linguistique d’Al-Andalus décrit la phonologie, la morphologie et la syntaxe de l’arabe andalou, ainsi que les principales caractéristiques de son lexique. L’arabe andalou y est comparé avec des variétés d’arabe marocain et d’arabe libyen. Le volume examine les interférences arabes, berbères et romanes sur ce faisceau dialectal et propose une sélection de textes de diverses périodes, ainsi qu’une bibliographie.
L’étude détaillée du lexique de n’importe quelle langue, à laquelle il faut systématiquement ajouter la somme des règles grammaticales, est une condition nécessaire à une description linguistique appliquée et la seule façon de bien pouvoir comprendre les textes; à plus forte raison, dans le cas de langues ou de dialectes morts, puisqu’on ne peut plus interroger de locuteurs natifs: tel est le cas de l’arabe andalou, utilisé dans la Péninsule Ibérique entre le huitième et le dix-septième siècle, qui a permis la diffusion d’une littérature populaire en prose et en vers très riche et intéressante, ainsi que des documents légaux et des lettres personnelles contenant parfois des informations d’une grande valeur historique.
Ces matériaux ont été étudiés pendant le dix-neuvième siècle et surtout le vingtième siècle, mais on a remarqué une certaine diminution des efforts dans ce domaine, de telle sorte qu’un inventaire définitif de ces connaissances pour la linguistique, la littérature et l’histoire de cette période en l’Europe Occidentale n’est pas encore atteinte.
Ce dictionnaire sera donc très utile à tous ceux qui s’occupent de ces aspects de notre civilisation, des deux points de vue: occidental et islamologique.
Les emprunts lexicaux constituent une attestation évidente de l’influence d’une culture sur une autre, même si l’existence de différences ethniques ou idéologiques remarquables entre elles peut obscurcir cette réalité ou provoquer son désaveu. Même parmi la communauté scientifique, on a ainsi tardé à reconnaître l’importance des emprunts lexicaux européens faits à l’arabe ou à d’autres langues orientales partageant la civilisation du Moyen-Orient au cours du Bas Moyen Âge – civilisation souvent appelée arabo-islamique par convention, bien que tout le monde sache que la plupart de ses caractéristiques ne sont pas redevables à la Péninsule Arabique ni encore moins à la religion de l’Islam, mais ont préservé, combiné et amélioré les héritages égyptien, mésopotamien, persan, indien et gréco-latin.
Le présent ouvrage documente de facon approfondie les emprunts et calques sémantiques ibéro-romans à l’arabe et aux langues du Monde Islamique, apportant ainsi un nouvelle éclairage sur l’essor de la culture et de la civilisation dans ces régions, sous l’égide de princes illustres qui ont su séparer les affaires idéologiques de la science et ont, probablement sans le vouloir et avec des conséquences négatives pour leurs pays, appris à suivre le chemin d’une Europe désireuse de quitter les ténèbres du Haut Moyen Âge, vers la Renaissance et le Siècle des Lumières.
Aucune étude actualisée concernant les influences substratiques et adstratiques sur la formation du faisceau dialectal arabe andalou n’avait été réalisée jusqu’à présent.
Ce volume met à jour l’information disponible sur ce sujet, bien qu’il convienne de considérer que le petit nombre de données berbères présentes dans les ouvrages relatifs à l’Al-Andalus ne permet pas une attribution dialectale précise, et que la description linguistique du roman andalou demeure difficile en raison de l’état des sources, maigres et difficilement interprétables.
Ce quatrième volume de l’Encyclopédie Linguistique d’Al-Andalus est dédié à la description de ces influences sur la genèse du faisceau dialectal arabe andalou à tous les niveaux de la langue : phonologique, morphologique, syntaxique et, surtout, lexical. Étant donné que les langues sont un moyen de communication sociale, il a fallu considérer d’autres facteurs (démographiques et sociolinguistiques) pour expliquer que ces interactions linguistiques dans la Péninsule Ibérique au Moyen Âge aient eu comme résultat une influence plus faible du berbère que du roman dans la genèse de l’arabe andalou.
Ce volume est consacré à l’étude des noms de lieux et de personnes d’origine arabe dans la Péninsule Ibérique. Leur existence est la preuve évidente que l’arabe andalou y a été parlé pendant des siècles. Cet ouvrage fournit deux inventaires distincts (de toponymes et d’anthroponymes), mais il faut reconnaître que la constitution de catalogues exhaustifs est impossible aujourd’hui. Le but est donc d’améliorer nos connaissances dans ce domaine de la linguistique hispanique. Ce cinquième volume de l’Encyclopédie Linguistique d’al-Andalus peut également alimenter les recherches en linguistique historique romane et servir de source pour trouver de nouvelles isoglosses dialectales, ainsi que des caractéristiques grammaticales, phonétiques et morphologiques du faisceau arabe andalou.